Texte intégral du livre :

"LA FEE DES GREVES" par Paul Féval Liens vers pages suivante, précédente et sommaire du livre en bas de page.

La Fée des Grèves de Paul Féval

Chantons au biniou !
Les paysans du village de Saint-Jean-des-Grèves avaient émigré, parce que leurs demeures n'étaient plus qu'un monceau de cendres.
Maître Vincent Gueffès avait payé ainsi l'hospitalité reçue.
Il avait dit aux soudards ivres :
-Le traître Maurever se cache dans une des maisons du village.
J'en suis sûr.
Les soldats avaient enfoncé les portes. Quand on enfonce la porte du paysan breton, si faible qu'il soit, il frappe.
Les bonnes gens avaient tapé de leur mieux. Il y avait eu la bataille.
Puis l'incendie.
Car c'était bien le village de Saint-Jean que Reine et les Le Priol avaient vu flamber en entrant dans la grève, de l'autre côté d'Ardevon.
Hommes, femmes, enfants, ils étaient là une quarantaine derrière les débris de la forteresse anglaise.
Comme ils se doutaient bien qu'on avait reconnu leurs traces et qu'on les relancerait, toute la nuit avait été employée au travail. Des pierres amoncelées bouchaient déjà les brèches, et une nouvelle enceinte s'élevait du côté de l'intérieur.
On se préparait à un siège.
Le vieux Maurever ne s'occupait point de tout cela. Il était dans sa tour ; Reine, assise à ses pieds, mettait sa belle tête blonde sur ses genoux. Maurever était plus heureux qu'un roi.
-Reine, dit-il en caressant les doux cheveux de la jeune fille, j'ai cru que je ne te verrais plus. Quand ton panier a passé sous mes yeux emporté par le courant, mon coeur est devenu froid et comme mort. Oh ! que je t'aime, ma fille chérie ! Pour les travaux de ma longue vie, je ne demande à Dieu qu'une récompense, ton bonheur !
Reine couvrait ses mains de baisers.
-Toi, reprenait Maurever avec mélancolie, tu m'aimes bien aussi, je le sais. Mais l'amour des jeunes gens pleins d'espérances ne ressemble point à l'amour triste des vieillards.
À mesure qu'on vieillit, Reine, la tendresse se concentre et se resserre, parce que les objets aimés deviennent plus rares. Ainsi, moi, j'ai perdu ma femme qui était une sainte, j'ai perdu tes frères qui étaient de nobles coeurs. Il ne me reste que toi. Toi, au

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