
nouvelle
fois pour les moines l'occasion de s'émanciper car comment
pouvaient-ils respecter la règle de Saint Benoit alors
que leur abbé lui-même en semblait incapable ? Quoi
qu'il en soit, les années passèrent et les abbés
se succédèrent. L'abbaye connaîtra quelques
crises religieuses et politiques sans aucunes incidence sur son
développement.
En 1300, la foudre tombe sur le clocher. L'abbaye est une nouvelle
fois partiellement détruite par le feu. Les travaux de
restaurations seront menés par l'abbé Guillaume
du Château. Ce début de siècle est décidément
très dur pour l'abbaye montoise car en 1305, l'abbé
doit se rendre en personne auprès du roi Anglais pour défendre
les droits sur ses prieurés que son abbaye possède
outre-Manche. Cette intervention sera bénéfique,
mais les relations de plus en plus tendues entre les deux royaumes
aboutiront à la guerre dite de Cent Ans. Le Mont perd la
totalité de ses revenus Anglais.
La défaites des forces françaises à Crécy
en 1346 stimule les Anglais que plus rien ne semble pouvoir arrêter.
En 1356, ils s'emparent de Tombelaine et prennent pour cible le
Mont qui revêt une grande importance stratégique.
Pour éviter la perte de cette place forte, le roi de France,
Charles V, décide de donner les pleins pouvoirs militaires
et civils à un seul homme : l'abbé. Pourtant, cette
décision prise par un roi en déroute ne fut pas
appliquée et Bertrand Du Guesclin sera capitaine de la
garnison du Mont à partir de 1357. A la tête de ses
troupes, il remporte victoire sur victoire et éloigne pour
plusieurs année la menace anglaise. Fort de ces succès,
Du Guesclin reçoit de nouvelles responsabilités
et part combattre en Espagne. L'abbé Geoffroy de Servon,
successeur de Nicolas Le Vitrier, profite de l'occasion pour obtenir
du roi la charge de capitaine de la garnison du Mont. Son abbatiat
se déroule dans un climat tendu mais, malgré tout
exempt de guerre. A sa mort en 1386, lui succède Pierre
Le Roy. Cet abbé, fameux diplomate, sera l'un des conseillers
du roi Louis VI qu'il recevra deux fois dans son monastère.
Mais sa mission auprès du roi ne lui fera pas oublier ses
obligations envers son abbaye, aussi conscient du danger potentiel
que représente les Anglais, décide-t-il de construire
de nouvelles défenses pour l'entrée de l'abbaye.
La tour Perrinne, la tour des Corbins et plus particulièrement
le Châtelet fournissent à l'entrée du monastère
une défense infranchissable.