
Les
richesses accumulées par Robert seront utiles dans les
années suivantes pour construire la Merveille. Sous l'impulsion
de l'abbé Jourdain, les travaux sont commencés.
Il dureront une trentaine d'années. Cependant, cette apparente
période de prospérité sera entrecoupée
par un désaccord violent opposant le Duc de Normandie et
le roi d'Angleterre Richard Coeur De Lion au roi de France Philippe
Auguste. La guerre ravage alors la Normandie. En 1203, les Bretons
alliés pour l'occasion au roi de France, supportant de
plus en plus difficilement le joug normand, montent une armée
et marchent vers le Mont Saint Michel qu'ils enflamment. En réparation
de ce préjudice causé par ses alliés, Philippe-Auguste,
qui a trouvé en l'abbé Jourdain un soutien de premier
ordre, dédommagea par une forte somme d'argent le monastère.
La Normandie est rattaché au royaume de France en 1204,
ce qui fait perdre momentanément à l'abbaye montoise
la totalité de ses revenus provenant de l'Angleterre. Toutefois,
la fortune de l'abbaye est encore suffisante pour palier à
ce manque de ressources et les travaux reprennent de plus belle,
la construction de la Merveille se termine en 1228 lorsque le
cloître, sommet de l'édifice est achevé. Dès
lors, une période de calme régnera au Mont Saint
Michel.
Au cours de l'année 1236, Richard Turstin devient abbé
du monastère. Durant sa prélature il fera construire
de nombreux bâtiments, entre autres : les logis abbatiaux
et l'officialité. C'est lui également qui, conscient
de l'importance stratégique du Mont, ordonnera la construction
des remparts. Il ne reste aujourd'hui de ces fortifications que
la tour du Nord. Richard Turstin fut aussi un abbé magnifique,
déployant un faste à rendre jaloux plus d'un évêque.
Il obtint du pape l'autorisation de bénir le peuple sur
la place publique. Mais le luxe et l'oppulence dans laquelle vivait
l'abbé sera une