Le mont la nuit

Lorsque Louis XI avait demandé l'installation de la cage de fer dans le monastère, le Mont Saint Michel était devenu une prison. Malgré tout, le nombre de prisonniers qui séjournèrent dans l'abbaye resta restreint. Avec l'arrivée des Mauristes au Mont, le nombre de moines diminua et les locaux inutilisés trouvèrent une nouvelle affectation : Louis XIV décida de les transformer en cellules. A partir de cette époque et jusqu'en 1863, des centaines de prisonniers passeront dans les murs de l'abbaye.
L'élan apporté par les Mauristes au monastère sera de courte durée car le système de la commende ruine l'abbaye. De 1622 à la Révolution, sept abés commendataires se succèdent et aucun ne portera d'attentions particulères à l'abbaye. Les moines, dirigés par le Prieur, délaissent petit à petit leur devoir spirituel et en 1768, ils ne sont plus qu'au nombre de sept. Dans les même temps les revenus de l'abbaye qui se sont effondrés obligent les moines à s'endetter. La précarité de l'abbaye est grande, la Révolution achèvera sa ruine.
Louis Joseph de Montmorency Laval, dernier abbé commendataire, fut nommé en 1788. Il ne profitera guère des avantages liés à sa charge car les lois des 18, 19 et 20 février 1790 suppriment les ordres monastiques. Les moines doivent quitter l'abbaye et un inventaire des biens de celle-ci est dressé. L'année 1791 voit le déclassement du Mont comme place forte. Les moines partis, les pèlerinages cessent, avec le départ de la garnison le Mont devient désertique. Pour achever le ruine de l'abbaye, il ne reste plus qu'a disperser les biens du monastère : c'est chose faite en 1792. Huit siècles de labeur et de splendeur, entrecoupés, il ne faut pas l'oublier, de périodes difficiles, furent réduit à néant en l'espace de trois ans.
Dès 1792, de nombreux prêtres réfractaires au serment constitutionnel seront internés dans les vastes salles de l'abbaye. Ils subiront les mauvais traitements de leurs geôliers. Ceux-ci allant jusqu'à leur supprimer leur bréviaire leur font subir une véritable torture morale. De plus, mal nourris, nombreux tombèrent gravement malade. Au cours des deux années suivantes, jusqu'à trois cent prêtres seront enfermés dans les même conditions inhumaines. Ce n'est qu'en 1799 que les derniers prêtres furent libérés. Aussitôt leur succédèrent des prisonniers politiques, puis à partir de 1811, un décret transforma la prison en maison de correction. Aux prisonniers politiques s'ajoutent les détenus de droits communs.
Un nouveau décret, datant de 1817, constitue les création d'une maison de force. D'énormes mutilations transforment l'abbaye. Toues les salles qui composent la Merveille sont transformées en ateliers de menuiserie, de tissage, de chapeaux, etc. Les prisonniers seront jusqu'à sept cent à vivre dans l'abbaye. Aussi, afin d'agrandir encore la surface utilisable, l'église abbatiale est séparée dans sa hauteur afin de servir de réfectoire. Les mutilations occasionnées par l'homme sont multiples, parmi elles se trouvent le manque d'entretien des bâtiments. En 1817

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