
l'ancienne
hôtellerie, bâtie durant le règne de Robert
de Thorigny, s'effondre. Dans le nuit du 22 au 23 octobre 1834,
un incendie se déclare dans
l'église abbatiale transformé en atelier à
chapeaux. Les flammes se propagent rapidement à la toiture
qui est réduite en cendres. Les travaux de réparations
seront modestes par rapport à l'ampleur des dégâts
et l'abbaye s'enlaidit un peu plus chaque jour. Finalement, après
plusieurs années, sous la pression d'hommes célèbres
(Hugo, Flaubert, etc.) affligés par un tel désastre
architectural, la prison est supprimée.
En 1863, l'abbaye est louée à l'évêque
de Coutances. Dans un premier temps, l'évêque essaie
de remédier aux désordres causés par l'administration
pénitenciaire. La même année 1863, des moines
habitent de nouveau dans l'abbaye et, l'année suivante,
les premiers pèlerinages viennent de nouveau animer le
Mont Saint Michel.
Les hôtels, restaurant et magasins de souvenirs ouvrent
leurs portes à des visiteurs de plus en plus nombreux chaque
année. Mais l'abbaye menace ruine de toutes parts, aussi,
dans un souci de conservation, la décision est prise en
1874 de classer l'abbaye au registre des monuments historiques.
Les moines sont de nouveau expulsés mais, cette fois, le
temps n'est plus à l'oubli, à la destruction. L'architecte
Edouard Corroyer est nommé pour entreprendre les travaux
de restaurations. C'est sa servante, Annette
Poulard, qui est à l'origine de la fameuse omelette
toujours très prisée aujourd'hui.
Corroyer sera remplacé par Petitgrand, c'est à lui
que l'on doit le clocher et la flèche actuels. A ce jours
huit architectes se sont succédés pour découvrir,
reconstruire, entretenir l'ensemble des bâtiments. Aisin,
c'est un site en perpétuels travaux que le visiteur découvrira.
Lors de la célébration du millénaire du Mont
en 1966, des moines ont formé une petite communauté.
Installés dans les logis abbatiaux, ils demeurent depuis
à l'année sur l'îlot. Ainsi l'abbaye a retrouvé
en partie sa vocation première. Les moines accueillent
les pèlerins qui, s'ils
sont moins nombreux, sont tout aussi fervent que par le passé.
Grâce aux restaurations et à l'arrivée des
moines, l'abbaye du Mont Saint Michel retrouve enfin une âme.
La ville quand à elle, plus bigarrée et vivante
que jamais, accueille un flux constant de visiteurs et si cela
semble certains jours contrariant, il ne faut cependant pas oublier
que cette popularité assure la pérennité
de l'ensemble du site.
Aux confins de la Normandie se dresse un vaisseau majestueux.
Un vaisseau majestueux semblant désormais appartenir à
l'éternité.