Texte intégral du livre :

"LE PELERINAGE D'UN ENFANT AU MONT SAINT MICHEL AU QUINZIEME SIECLE"

par ETIENNE DUPONT. Liens vers pages suivante, précédente et sommaire du livre en bas de page.

Illustration : une dentellière

siècle, les monuments littéraires des antiquités grecque et latine, les œuvres de Platon, d'Euripide, de Cicéron, de Sénèque, les gentils fabliaux des poètes du moyen âge, avaient été lacérés. Les farouches jacobins avaient anéanti la plupart des volumes dont se composait la riche bibliothèque bénédictine; de ces recueils, ils avaient extrait les feuillets, ornés de superbes enluminures, c'était pour les donner comme images aux enfants des purs. Les ossements des saints avaient été jetés à la voirie et le club montois de la Liberté regrettait seulement que ces os fussent tombés en poussière au sortir des châsses, au lieu d'avoir été rongés par les chiens des carrefours!
La châsse de saint Rombaut avait été payée, en 1369, par le produit des amendes infligées aux drapiers de Malines; elle avait coûté, dit-on, 36.000 florins du Rhin; elle pesait 3,600 marcs (le marc valait 8 onces, l'once 20 esterlings; l'esterling correspondait à 1 gr. 1/2) La châssse de saint Aubert avait avec celle de Malines un point commun. Elle avait été, pour partie, acquise par l'argent des, amendes imposées aux pèlerins qui, poussés cependant par une idée de foi, dégradaient le monastère en emportant de petites pierres, malgré la défense formelle des religieux et, à ce propos, le frère sacriste avait conté au jeune Michel une histoire qui l'avait

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