
II,
nouvellement proclamé, sera nécessaire.
De 992 à 1085, le Mont
Saint Michel sera un chantier permanent, successivement
les abbés Maynard II, Hildeberg 1er et II, Almod, Théodoric,
Suppo, Raoul de Beaumont et Ranulphe dirigeront les travaux d'agrandissement
de l'abbaye. Table rase sera faite du passé et, à
l'exception de quelques uns, les bâtiments construit par
Maynard 1er seront détruits. A leur place sortira de terre
une nouvelle structure organisée autour d'une spacieuse
église (voir église abbatiale). Ces travaux d'agrandissement
apporteront à l'abbaye un regain d'intérêt
de la part de pèlerins en
quête de magnificence et de spiritualité. D'autre
part, les donations faites par de nombreux seigneurs augmentent
considérablement les richesses de l'abbaye.
En ce début de millénaire, l'abbaye du Mont Saint
Michel devient donc l'une des plus importantes de Normandie, pourtant
si elle connaît d'ores et déjà une reconnaissance
au niveau du royaume, le nombre de moines mais surtout le respect
de leurs engagements monacaux laissent à désirer.
C'est à un italien, Guillaume de Volpiano, abbé
de Saint Bénigne, qu'il faut attribuer la réforme
concernant les abbayes françaises. Il rétablit la
discipline bénédictine, relève les écoles,
corrige les offices, ces actions ont un résultat immédiat
sur la vie monastique de l'abbaye.
En 1066, Guillaume Le Conquérant, duc de Normandie, entre
en guerre contre l'Angleterre. Dès lors, l'abbaye déjà
richement dotée, voit la liste de ses biens croître
considérablement car Guillaume, en remerciement de l'aide
offerte par l'abbé cède, entre autres, les droits
seigneuraux des îles de Serck et d'Aurigny. A la mort de
Guillaume, ses trois fils se disputeront l'héritage. Des
luttes fraternelles opposeront les héritiers, deux de ceux-ci
allant jusqu'à assiéger le Mont où le troisième
avait trouvé refuge. Ils finiront finalement par trouver
un terrain d'entente et la Normandie retrouvera le calme.
Les années s'écoulent sans qu'aucun événement
ne viennent troubler la vie des Montois. Malheureusement, en 1103,
le côté nord de la nef s'effondre, entraînant
dans sa chute une partie des bâtiments conventuels. A peine
dix ans plus tard, c'est un incendie qui ravage l'abbaye et, en
1138 un nouvel incendie se propage de toit en toit, réduisant
de nouveau en cendres une partie de l'abbaye. En ce début
de XIIème siècle les catastrophes se sont succédées
et, certainement un peu las de tous des malheurs, les moines commencent
à présenter quelques signes de relâchement.
Un homme pourtant parviendra à lui seul à redonner
au monastère son éclat antérieur : Robert
de Thorigny. Elu abbé en 1154, il s'imposera rapidement
pour ses qualités politiques. Le ducde Normandie et roi
d'Angleterre, Henri II, le prendra comme conseiller et Robert,
habille diplomate, parviendra à reconciler son duc avec
le roi de France Louis VII. Les deux rois vinrent d'ailleurs ensemble
au Mont Saint Michel, sans doute à l'invitation de l'abbé.
Robert de Thorigny, bien qu'il fut souvent absent de son monastère
ne l'oubliera pas pour autant. Durant son abbatiat, le nombre
de moines passera de trente à soixante, il ordonnera la
construction d'une plus vaste hôtellerie afin d'accueillir
un nombre croissant de pèlerins. De plus, son intérêt
pour les livres lui fera acquérir un fond important d'ouvrages.
Lui même en écrira une centaine dont la fameuse "Historia
Montis Sanctis Michaelis". Henri II, reconnaisant de tous
ces bien faits, octroiera de larges donations, augmentant ainsi
les sources de revenus de l'abbaye. A sa mort en 1186, Robert
de Thorigny laisse une abbaye puissante, totalement revitalisée
par l'élan qu'il lui aura apporté.