
Cependant,
s'il est possible que des hommes vécurent sur le rocher
en ces temps lointains, aucune trace ne nous en reste et la véritable
histoire du Mont Saint Michel commence au huitième siècle.
Cette histoire, elle aussi, commence par une légende :
" En 708, Aubert évêque d'Avranches,
suite à une apparition de l'archange saint Michel, reçoit
l'ordre de celui ci de construire un édifice dans lequel
seraient loués les mérites du dit archange. L'évêque
n'osant croire à pareille chose, ne fit rien et décida
d'attendre. L'archange lui apparut une seconde fois mais, ne croyant
toujours pas en une apparition angélique, Aubert remit
à plus tard cet ambitieux projet. Pourtant, à la
troisième apparition, l'évêque ne peut plus
avoir de doutes. Saint Michel, dans son courroux de ne point avoir
été obéi, et pour preuve de son immense pouvoir
lui laissa un trou dans la tête comme témoignage."
Dès lors l'évêque se mettra à l'ouvrage
et afin d'honorer son divin protecteur fera construire un sanctuaire
en forme de grotte pouvant contenir une centaine de personnes
(voir Notre Dame sous Terre). Aubert pensant que l'élévation
d'une nouvelle église n'apporterait aux pèlerins
que peu de satisfactions envoya quérir, pour authentifier
le nouveau culte, des reliques de l'archange Saint Michel apparu
deux siècles plus tôt au Mont Gargan en Italie. Les
émissaires envoyés par l'évêque, après
un long périple au travers de l'europe, revinrent finalement
avec les reliques tant attendues : un fragment de l'autel où
Saint Michel apparut et un morceau de son manteau. Ces reliques
furent religieusement placées dans l'église et l'évêque,
pour assurer la pérennité du culte, laissa douze
chanoines sur le Mont Tombe.
Aubert meurt en 725. Il fut enterré dans la chapelle qu'il
avait fait construire et bientôt nombre de miracles se produisirent.
Les pèlerins attirés par un lieu aussi étange
vinrent de plus en plus nombreux. Malgré les difficultés
de communications, les Bretons et les Normand affluèrent
puis, par la suite, les pèlerins d'autres provinces vinrent
aussi. La renommée du sanctuaire "au péril
de la mer" était faite. Les chanoines et leurs successeurs
firent le service de Dieu avec dévotion durant plusieurs
années. Hélas, au fil des ans ils perdirent foi
en leur mission et leur relâchement devint tel qu'il donna
lieu aux plus vives critiques. Averti de cet état de fait,
Richard 1er, duc de Normandie, les admonesta vivement sur leur
manière de vivre. Rien n'y fit et en 966, en accord avec
le pape Jean XIII, il remplaça les chanoines par des moines
Bénédictins venus de l'abbaye de Saint Wandrille.
Voir
un dessin (reconstitution) du Mont Saint
Michel au 10ème siècle